Je n’étais pas perdue.
Je revenais à moi.
Pour avancer tranquille,
j’ai dû tuer
la femme qui tremblait en moi.
Pas la tuer pour de vrai.
La faire taire.
L’asseoir au bord du chemin,
avec ses vieilles prières,
ses réflexes de survie,
ses excuses cousues sous la peau.
Je lui ai dit :
merci.
Puis je l’ai laissée là.
On grandit comme on saigne :
en silence,
et mal.
Ce qui nous construit
nous casse d’abord.
Les souvenirs ne nourrissent plus
quand ils commencent
à bouffer la lumière.
À vous,
les plaies mal refermées.
À vous,
les peurs dressées comme des murs.
À vous,
les chaînes si bien portées
qu’on finissait par les appeler destin.
Je pars.
Pas pour fuir.
Pour me choisir.
J’ai quitté la ville
comme on quitte un homme :
sans retourner la tête.
L’air, là-bas,
n’avait rien de tendre.
Il m’a giflée net,
arraché mes angoisses,
lavé la rouille.
Et dans cette violence douce,
j’ai repris
un rythme animal.
Un cœur brut.
Un souffle sans laisse.
La première nuit,
j’ai dormi
comme tombent les corps
quand la guerre s’arrête.
À l’aube,
la lumière m’a frappée au visage.
Pas embrassée.
Frappée.
Comme une vérité
qu’on repousse trop longtemps.
Moins de bruit.
Moins d’écrans.
Moins de mensonges lumineux.
Et tout à coup :
de l’espace,
du vent,
du vrai.
Cette terre
ne m’a pas consolée.
Elle m’a réveillée.
Il fallait tout foutre en l’air
pour sortir, enfin.
Maintenant,
j’aime sans trembler,
sans couper mes élans en deux.
Enfin entière.
Vivante.
Ailleurs, Virginie Lentulus
Bienvenue ! Mannequin voyageuse, je dévoile mon carnet d'adresses autour du globe, illustré par mes plus beaux clichés. Foodista aguerrie, retrouvez ma sélection de tables gourmandes et mes plus beaux shootings photos autour du monde.