L’océan bâille, gronde, hypnotise.
Les mouettes crient : réveille-toi.
J’ouvre les volets.
L’air froid entre dans la chambre.
Le matin attend à la fenêtre.
Au loin, les montagnes montent la garde.
En bas, les surfeurs courent dans l’écume.
Moi, je traîne encore dans le matin,
les lèvres froides,
le goût du sel déjà sur la peau.
Dehors, la pluie tombe lentement.
L’orage défait les nœuds.
Dedans, quelque chose s’accorde
au rythme des gouttes.
Un heureux ré mineur.
Les rideaux bougent dans le vent.
Le sel traverse la pièce.
Je reste là, pieds nus,
à écouter l’orage.
Je chante sans peur.
L’après-midi s’étire doucement.
Le café refroidit sur la table.
Les rues mouillées commencent à sécher.
Je coupe le son.
Le jour bouge autour de moi.
On parle en terrasse.
Les verres brillent au soleil.
Les rires ralentissent.
Les regards se croisent et s’attardent.
Les corps se rapprochent.
Dehors, l’amour se pose.
À la fenêtre, j’attache mes cheveux.
L’air tiède monte de la rue.
L’obscurité tombe doucement.
Les pas se font plus discrets.
Puis la voix retombe.
Douche chaude, soirée lente.
Des pages remplies d’air salé.
Je ferme les rideaux avec les mains humides.
Je m’endors, l’âme en prose.
La nuit me connaît.
Je suis ici.
Le monde peut tourner sans moi.
Demain viendra doucement.
Et cela suffit.
Un dimanche à Biarritz, Virginie lentulus.
Photos credits : Me by ©Sebastien Zanella
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